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EXPOSITION

Racine et nuage

peintures à l’huile
de Claude HERSANT

15 - 28 septembre 2008
Centre culturel - VALS LES BAINS
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Introduction à l'exposition

"Il est toujours difficile à un créateur de parler de lui-même.

Je vais essayer le plus simplement possible de vous donner quelques clés pour entrer dans cette exposition.

J’ai d’abord peint des foules aux couleurs dominantes noires et rouges, aux formes très cernées et structurées. Et ces foules exprimant un dynamisme puissant, voire violent, m’ont suivies de la fin des années soixante dix au milieu des années quatre vingt dix. Là, il semble que le sujet se soit épuisé de lui-même, laissant mon travail vide de toute cette énergie mouvementée.

Puis j’ai rencontré, semble-t-il un peu par hasard, en fait par une chance tout à fait inespérée, la calligraphie chinoise.

Je l’ai pratiquée un an par moi-même, modestement mais avec une grande intensité, hélas sans autre vrai maître que les meilleurs livres théoriques. Cela a été un chemin austère et répétitif, mais un chemin de simplification intérieure, comme l’a été la pratique des icônes traditionnelles russes quelque quinze ans auparavant.

J’en suis sortie avec une dynamique nouvelle et une peinture radicalement renouvelée : une recherche sur des paysages totalement déserts, le bleu et le blanc comme couleurs essentielles ; et une grande indifférence à la représentation « figurative » de la nature, restituée plutôt dans l’expérience intérieure qui m’en est donnée. Ce qui donne des toiles allant d’une apparente fidélité totale au réel à une quasi abstraction. Mais l’opposition figuratif- abstrait a toujours été un faux problème.

Ce que je cherche encore et toujours, en réussissant parfois à l’approcher et peut-être même quelquefois à l’atteindre, dans un moment de pure grâce, c’est cette restitution d’un chemin intérieur, d’une voie contemplative allant au delà du visible.

Les principes de la peinture chinoise m’ont aussi beaucoup accompagnée, en particulier la réflexion sur le vide et le plein (yin et yang), et le fait d’apprendre à se concentrer tout entier sur son unité intérieure, posséder l’idée entière de la peinture avant d’en exécuter le moindre trait, et une fois l’œuvre terminée, l’idée la prolonge encore. C’est ce que l’on appelle encore une peinture animée du « souffle-esprit » shen-ch’i.

Et je voudrais terminer par ce magnifique petit texte d’un peintre-poète-calligraphe chinois de la dynastie Tang, Chu Ching Hsûan (les puristes me pardonneront la prononciation) qui tout entier exprime ce que je ressent.

« La peinture est sacrée. Elle scrute ce que le ciel et la terre ne montrent pas et révèle ce que le soleil et la lune n’éclairent pas. Au moyen d’un petit pinceau, le peintre apprivoise les dix mille êtres… Il appréhende l’espace sans limite… Le visible se trouve représenté, l’invisible même prend forme.» "

in site web: claude-hersant.com

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